Archive for avril 2010

Copenhague : l’échec ! Cochabamba : l’espoir ? Débat le 11 mai à Paris

30 avril 2010

Depuis le non-accord de Copenhague, les négociations internationales sur le climat s’embourbent et les dirigeants repoussent encore et toujours le moment de prendre des décisions à hauteur des enjeux.

En Bolivie à Cochabamba, les mouvements pour la justice climatique, les peuples du Sud et du Nord se retrouvent pour sauver les équilibres climatiques et pour inventer un autre monde, débarrassé de l’injustice écologique.

Là-bas et ici, les luttes se mènent, du global au local.

Pour débattre de la diversité de ces luttes, de leurs exigences et de leurs perspectives, le collectif « Urgence Climatique Justice Sociale » (UCJS) vous invite à un débat public

le mardi 11 mai à 18h30 au CICP, 21 ter rue Voltaire, M° rue des Boulets

Pour débattre, seront présent-e-s :

Pauline Lavaud, de la fondation France Libertés et Josy Riffaud de la Via Campesina, présentes au sommet de Cochabamba
Txetx Etcheverry militant du collectif Basque pour la justice climatique « Bizi »
Jean Mallet, du collectif « Flins sans F1 »
Des syndicalistes de la SNCF en lutte contre la réforme du fret ferroviaire
Des militant-e-s du collectif « Urgence Climatique Justice Sociale »

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Pas d’aéroport à Notre-Dame-Des-Landes !

29 avril 2010

Le mercredi 5 mai, une délégation composée d’élu-e-s et de membres de la coordination des associations et mouvements politiques opposés au projet de nouvel aéroport à Notre Dame des Landes (au nord de Nantes, 44) participera à une opération « Citoyens Vigilants » exceptionnellement délocalisée à Paris.

Cette opération – menée quotidiennement devant le conseil général de Loire Atlantique depuis octobre 2008 – se tiendra ce jour-là à proximité de l’Assemblée Nationale à l’occasion de la discussion sur la loi Grenelle 2, ce projet d’aéroport étant fortement grenello-incompatible.

Une conférence de presse sera également organisée à 11h.

A voir :
–    le site de la coordination ;
–    le dossier de presse sur l’opération Vigie à Paris
–    un 4 pages synthétisant les principaux arguments contre le projet ;
–    la copie du courrier adressé à Mr Borloo à l’occasion de cette initiative.

Cochabamba (presque) en direct…

22 avril 2010

En raison du volcan islandais, très peu de représentants d’organisations membres d’Urgence Climatique Justice Sociale ont pu se rendre à Cochabamba. Peu de textes et vidéos en français sont donc disponibles : vous en trouverez ci-dessous quelques-uns, accompagnés de quelques traductions, en grande partie réalisées par le projet Medium.

Visitez le nouveau site de la coalition internationale Climate Justice Now (fr, en, sp).

La déclaration finale est accessible :

ici en français ;

ici en espagnol ;

ici en anglais ;

En français :

Cochabamba : de la « guerre de l’eau » à la conférence alternative sur le climat, et Cochabamba : quand la planète « d’en bas » discute du climat par Pauline Lavaud, de la Fondation France Libertés, publiée par Bastamag.

Cochabamba : quand la voix des peuples se fait entendre, par Juliette Renaud, conseillère technique sur les problématiques environnementales du Prix Nobel de la Paix Adolfo Pérez Esquivel, et membre du REDAJ (Réseau d’assistance juridique contre les méga-activités minières).

La Via Campesina se mobilise pour la Conférence des peuples sur le Climat à Cochabamba, communiqués de presse de la Via Campesina, ainsi qu’ici, ici et ici.

Cochabamba : ambivalence et excitation, Cochabamba : quelles perspectives pour le mouvement du climat ? et Cochabamba : vers une semaine mondiale d’action pour la justice climatique par Tadzio Muller, militant des coalitions Climate Justice Action et Climate Justice Now.

Les droits de l’Homme et les droits de la nature sont les deux noms d’une même dignité par Eduardo Galeano, écrivain uruguayen.

En Bolivie, une nouvelle chance pour le climat, par Pablo Solón, ambassadeur de Bolivie à l’ONU.

A propos de l’initiative de Cochabamba et de « la TerreMère », par Pierre Khalfa

Cochabamba: les «alters» veulent un contre-sommet climatique, article de Jade Lindgaard pour Médiapart.

En Bolivie, appel « populaire » à un tribunal du climat, Article d’Hervé Kempf pour Le Monde.

Sommet de Cochabamba : un premier bilan, dépêche de Clara Delpas pour Novethic.

Cochabamba : rien à signaler, vraiment ?, par un blogger francophone présent à Cochabamba, ainsi qu’ici et ici.

En Anglais ou espagnol :

Le site officiel de la rencontre, notamment les bulletins d’information 1 et 2 et ici pour des vidéos.

La Web-radio des Amis de la Terre International où sont publiés de nombreux articles audios.

Un site américain très riche en informations, vidéos, retour historique sur la guerre de l’eau à Cochabamba.

Cochabamba: Mining protests overshadow climate summit, article du Guardian suite à une grève dans une mine d’argent bolivienne exploitée par une entreprise japonaise.

A New Climate Movement in Bolivia, par Naomi Klein

La déclaration des mouvements sociaux ici en anglais et ici en espagnol.

Après Copenhague, des négociations sans perspective. Cochabamba, pour imposer une alternative ?

12 avril 2010

Les représentants de la grande majorité des pays de la planète se sont réunis du 9 au 11 avril, à Bonn (Allemagne) « pour relancer les négociations sur le climat ». Ce n’est pas gagné. Yvo de Boer, chef de la convention cadre de l’Onu sur les dérèglements climatiques pour quelques mois encore, a déclaré qu’il n’y aura pas d’accord sur le climat cette année et qu’il faut se limiter à des mesures concrètes pour aider les pays les plus pauvres et pour protéger les forêts (voir ici et ici). On est loin des objectifs initiaux fixés à Bali en 2007 visant une régulation mondiale des émissions, la mise en place de financement et de transferts de technologie suffisant à la fois pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique.

Après le « rendez-vous historique » (manqué) de Copenhague (voir ici), c’est aujourd’hui « rendez-vous avec la stratégie des petits pas »… Or, nous savons bien que cette stratégie, déjà usitée avec le protocole de Kyoto ne fonctionne pas. Les émissions continuent à croître et les financements ne sont pas au rendez-vous. Résultat, les populations les plus pauvres paient les conséquences de comportements dont elles ne sont pas responsables. Business as usual.

D’autre part, la stratégie de nombreux pays du Nord visant à faire du calamiteux texte de Copenhague la base des négociations futures est proprement inadmissible. Les pressions s’exerçant sur de nombreux pays non signataires ne sont pas acceptables. Pas plus que l’attitude des Etats-Unis qui ont annoncé que les pays dénonçant l’accord ne recevront pas d’aide et qui ont stoppé des financements et projets à destination de la Bolivie et de l’Equateur (voir ici).

A tout le moins, les négociations 2010 devraient permettre d’aboutir à Cancun (Mexique – décembre) sur une deuxième phase d’engagements contraignants dans le cadre du protocole de Kyoto et des engagements de long terme de l’ensemble des pays respectant le principe de responsabilités différenciées entre pays dits « développés » et pays en « développement ». Ce n’est pas la voie qui est prise, montrant par là que les gouvernements des principaux pays de la planète ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Cochabamba, pour imposer une alternative ?

Face à cette inertie dangereuse des négociations officielles, la Bolivie, qui fait partie des rares pays à s’être positionné publiquement contre le texte de Copenhague, a pris l’initiative d’inviter gouvernements, scientifiques, institutions internationales, ONG et mouvements sociaux à une « Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Mère Terre » qui aura lieu à Cochabamba du 20 au 22 avril (voir ici).

Quelles que soient les appréciations que l’on peut avoir sur l’intitulé de la rencontre ou de certains des groupes de travail, c’est aujourd’hui la seule initiative internationale qui se donne pour objectif de transformer le rapport de force pour infléchir l’agenda international sur les enjeux climatiques et environnementaux. Tout en rejetant les solutions préconisées par la Banque Mondiale ou le G20, cette conférence pourrait décentrer les enjeux des négociations officielles, en mettant en lumière les enjeux sociaux, politiques et géopolitiques des solutions à apporter au changement climatique :

–          proposer des solutions alternatives face au changement climatique comme autant de pistes pour un accord dans le cadre de l’ONU ;

–          travailler à l’organisation d’un Référendum mondial des peuples sur le changement climatique,

–          avancer sur la création d’un tribunal international pour la justice climatique ;

–          discuter d’un projet de « Déclaration universelle des droits de la Terre-Mère » ;

De très nombreux mouvements sociaux, ONG et autres acteurs de la société civile, notamment sud et nord-américaine seront présents à Cochabamba. Nombre d’entre eux, notamment la coalition Climate Justice Now, appellent d’ailleurs à une assemblée des mouvements sociaux le 19 avril, préalablement à la Conférence officielle, pour rappeler nos exigences et revendications, en toute autonomie.


Batailler contre les climato-sceptiques et les fausses solutions !

7 avril 2010

Les climato-sceptiques peu scientifiques… et parfois financés par des lobbies pétroliers

Depuis plusieurs semaines, ceux que Stephan Schneider, climatologue américain, appelle les « dénigreurs du changement climatique » plutôt que climato-sceptiques (voir ici), essaient de reprendre la main. Selon lui, l’écho qu’obtiennent leurs interventions est disproportionné par rapport à leur crédit scientifique, et ressemblent plus à de la « propagande idéologique » qu’à une « démarche scientifique ». C’est également le sens du récent appel de 400 scientifiques français spécialistes du climat demandant « structures référentes de la recherche scientifique française » d’exprimer publiquement leur « confiance vis-à-vis de notre intégrité et du sérieux de nos travaux », c’est-à-dire prendre position contre Allègre, Courtillot et consorts. Les industriels et lobbies pétroliers sont de la partie. Un rapport publié par Greenpeace – Etats-Unis montre que Koch Industries, conglomérat pétrolier américain a dépensé 18,4 millions d’euros entre 2005 et 2008 pour soutenir financièrement des campagnes d’information ou des organisations niant le changement climatique (article du Monde et du Guardian).

Dans le même temps, les promoteurs de fausses solutions poursuivent leur route sans issue.

Les marchés carbone, ça dysfonctionne.

Premiers pourfendeurs de la taxe carbone sous prétexte de « double peine » venant s’ajouter au marché carbone européen, des multinationales françaises parmi les plus polluantes, comme Arcelor Mittal ou le cimentier Lafarge, profitent des largesses du système européen. Selon l’ONG britannique Sandbag qui vient de publier un rapport, des industries très polluantes réussissent le tour de force de convertir en dizaines de millions d’euros les droits d’émission obtenus gratuitement en surplus de leurs besoins (voir articles de Bastamag ici et de Médiapart ici). Ces révélations s’ajoutant aux affaires de fraude sur la TVA (voir ici) et de suspension des échanges (voir ici) sur le marché du carbone européen, sans doute est-il temps d’exiger une remise en cause profonde de la finance carbone. Le collectif UCJS avait émis des pistes alternatives lors sa rencontre du 6 février (voir ici).

La France, soutien de la production de CO2 ?

Côté « développement », la Banque Mondiale doit se prononcer le 8 avril sur un prêt pour la construction de la centrale à charbon de Medupi en Afrique du Sud, portée par la multinationale sud-africaine Eskom. Cette centrale, qui émettra 25 millions de tonnes de CO2 par an, entraînera des pollutions majeures au soufre et au mercure, et exigera l‘ouverture de 40 nouvelles mines de charbon pour l’alimenter. Alors que les Etats-Unis s’abstiendront lors du vote, la France risque de soutenir le projet pour défendre les intérêts d’Alstom, impliqué dans la construction de la centrale. Un courrier (voir ici) à l’initiative des Amis de la Terre et signé (notamment) par Attac, Aitec, CADTM, Rac, CRID, a été envoyé au Président de la République et une cyberaction citoyenne est en cours (à signer ici).

En France, le gouvernement enterre son Grenelle de l’environnement.

Après l’abandon de toute taxe carbone que certains, comme le collectif Bizi, interprètent comme un enterrement du Grenelle de l’environnement (voir ici), les politiques gouvernementales sont bien éloignées des objectifs affichées de la semaine du « développement durable » qui vient de démarrer, ce 1er Avril… ! Les projets routiers et autoroutiers (Strasbourg, Bordeaux, Perpignan, Lyon-Saint Etienne…), aéroportuaires (Notre Dame des Landes…), l’abandon du fret diffus et de proximité par la SNCF, la construction d’un réacteur EPR à Penly alors que celui de Flamanville est un gouffre financier et une aberration technologique et écologique, sont autant d’exemples de projets gouvernementaux en contradiction avec les exigences de politiques alternatives portées par le collectif Urgence Climatique Justice Sociale.