Archive for mai 2010

Des Plans Climat Energie Citoyens pour construire l’alternative, maintenant !

25 mai 2010

Comme nous l’indiquions ici, les expériences de rédaction de Plans Climat Energie Citoyens se multiplient : après le travail de Virage Energie Nord-pas-de-Calais, c’est au tour de Virage Energie-Climat Pays de la Loire et de Virage- énergie Île-de-France de s’être lancé. Participant au renforcement de l’expertise citoyenne et militante, ces initiatives donnent des armes aux mobilisations locales pour une transformation profonde des modes de production, de consommation, de transports et d’habitat.

L’objectif est généralement de travailler sur des scénarios de réduction des émissions de gaz à effet de serre au minimum conformes aux préconisations du GIEC (- 40 % en 2020 et au moins 85 % en 2050) tout en assurant un approvisionnement énergétique durable à la région, en diminuant les consommations et en développant les énergies renouvelables avec l’objectif de se passer du nucléaire. Ce travail s’appuie sur celui déjà réalisé autour du scénario négaWatt

Ces études ne se limitent pas aux enjeux environnementaux et énergétiques car elles  prennent en compte les conséquences sociales et économiques d’un choix de scénario plutôt qu’un autre. Elles sont réalisées selon une démarche participative, dans le dialogue avec les acteurs et les forces vives du territoire, tout en étant conçu en lien avec des professionnels des questions énergétiques et climatiques.

Si l’association Virage-énergie Nord-Pas de Calais a publié en janvier 2008 un scénario régional (voir ici) de division par quatre des émissions de CO2 et de non-remplacement des réacteurs nucléaires de Gravelines, les scénarios Pays de la Loire et Ile-de-France sont attendus pour 2011.

Concernant l’Ile-de-France, un premier débat lancera la démarche le vendredi 28 mai 2010 de 20h à 23h30 (Salle AGECA – 177 rue de Charonne 15011 Paris – M°: Alexandre Dumas). Invitation ici et tract de présentation de l’association ici.

Total, complice d’un désastre écologique et humain au Canada – Arrêt de l’exploitation des sables bitumineux !

23 mai 2010

En causant l’équivalent d’une marée noire par an, l’extraction et le raffinage de pétrole issu des sables bitumineux d’Alberta (Canada) est une véritable catastrophe écologique, sociale et humaine : déforestation des forêts boréales, utilisation de quantités d’eau et de gaz disproportionnées, rejets toxiques stockés pour des années sans protection, etc…

Total, déjà présent sur trois gisements, a annoncé qu’il investirait 15 à 20 milliards de dollars canadiens dans les années à venir pour que les sables bitumineux assurent 10 % de sa production totale.

A l’occasion de l’Assemblée Générale de Total, ce 21 mai, plusieurs initiatives (conférence de presse, projection-débat autour du flim H2Oil, action symbolique, etc…) soutenues par le collectif Urgence Climatique Justice Sociale ont été organisées pour exiger (voir dossier de presse) :

–          que les droits des populations locales impactées par l’exploitation des sables bitumineux soient respectés ;

–          que Total se désengage unilatéralement de l’exploitation des sables bitumineux en Alberta ou, si refus, que le gouvernement français l’y contraigne ;

–          que les établissements financiers cessent leurs investissements dans les sables bitumineux;

–          que l’Union Européenne distingue les hydrocarbures en provenance des sables bitumineux dans la mise en place de la Directive Carburant ;

–          que le Gouvernement du Canada respecte les engagements pris sous le protocole de Kyoto et s’engage sur de véritables politiques de réduction d’émissions de gaz à effets de serre.

–          que l’ensemble des pays du G20 s’engagent lors du prochain sommet de Toronto (Canada) à ne pas exploiter et/ou importer et consommer le pétrole issu des sables bitumineux afin de ne pas accroître les dérèglements climatiques en cours ;

A quelques jours de la rencontre intermédiaire de Bonn (31 mai – 11 juin), les pays développés doivent comprendre que seuls des actes concrets, contraignants et à la hauteur des enjeux permettraient de faire advenir « la confiance » qu’ils appellent de leurs vœux pour la reprise des négociations internationales.  La question des sables bitumineux leur en offre l’opportunité : mettons fin au greenwashing des multinationales et des déclarations lénifiantes sans effet pour enfin s’engager sur le chemin de véritables solutions comme une régulation draconienne de la production de pétrole, notamment issus des sables bitumineux.

Sables bitumineux : l’UE, complice du Canada ?

1 mai 2010

Ce mercredi 5 mai se tient à Bruxelles un sommet UE-Canada. Les dérèglements climatiques sont au programme. Nous pourrions légitimement attendre de l’Union Européenne, en quête de leadership sur le climat, qu’elle interpelle vivement le premier Ministre canadien, Stephen Harper, qui sera par ailleurs l’hôte du prochain G20 (Toronto – 27 et 28 juin). En effet, le gouvernement canadien refuse toujours de s’engager sur de véritables politiques de réduction d’émissions de gaz à effets de serre (GES) tout en facilitant l’extraction du pétrole le plus polluant de la planète dans les sables bitumineux d’Alberta.

Ainsi, le Canada, et par son entremise les lobbies pétroliers, exerce une forte pression sur l’Union Européenne pour qu’elle ne soit pas trop stricte et sévère dans l’application de sa directive sur la qualité des carburants qui prévoit que les fournisseurs de carburant réduisent leurs émissions de 6 % d’ici 2020. Alors que c’est déjà peu, leur objectif est d’empêcher que l’UE différencie les carburants en fonction des émissions de GES qu’ils suscitent, aussi bien par leur extraction que par leur utilisation. Le document de travail sur les modalités exécutoires de la directive qui affirmait noir sur blanc que le pétrole extrait des sables bitumineux est plus polluant[1] que le pétrole dit « conventionnel »[2] vient en effet d’être modifié (voir ici). C’est loin d’être anodin : appliquer le taux moyen au pétrole issu de ces sables reviendrait à légitimer leur extraction. Alertés par des ONG européennes (voir ici), quelques députés européens ont pris des initiatives parlementaires (voir ici et ici).

Ce ne sera pas suffisant pour mettre fin à la catastrophe écologique, sociale et humaine (voir cet excellent article) que constitue l’extraction de ce pétrole, qui fait du Canada le deuxième pays en termes de réserves, derrière l’Arabie Saoudite, et le premier fournisseur des Etats-Unis. Sous la forêt boréale, ce sont 170 milliards de barils qui, pour être transformés en pétrole lourd, nécessitent des quantités d’eau indécentes (4 à 5 barils pour un de pétrole), de gaz naturel (un demi baril pour un de pétrole) et rejettent trois fois plus de GES que l’exploitation du pétrole « conventionnel ». En causant l’équivalent d’une marée noire par an, ces pratiques détruisent la faune et la flore de manière spectaculaire tout en exterminant les populations autochtones victimes des maladies produites par la pollution des eaux, de l’air et des ressources issues de la pêche et de la chasse.

A l’occasion des Assemblées Générales des principales compagnies pétrolières européennes, des représentants de ces peuples sont en Europe pour interpeller l’opinion publique. Ils multiplient pour cela les actions de rue, comme ici lors de l’AG de BP. De son côté, Total, déjà présent sur trois gisements, a annoncé qu’il investirait 15 à 20 milliards de dollars canadiens dans les années à venir pour que les sables bitumineux assurent 10 % de sa production totale. Lors de l’AG de Total le 21 mai prochain, plusieurs initiatives seront prises, en présence de représentants de ces peuples amérindiens. Plus d’informations à venir.


[1] 107 grammes de CO2 par mégajoule d’énergie produite

[2] 85,8 grammes de CO2 par mégajoule d’énergie produite