Posts Tagged ‘fausses solutions’

Du 10 au 17 octobre, semaine internationale d’actions pour la justice climatique

7 octobre 2010

Après les nombreux camps climat de l’été, les initiatives militantes et citoyennes visant à démontrer que la justice climatique et sociale ne peuvent se contenter de mots, vont se multiplier dans les jours à venir. Pour partie à l’appel du collectif Climate Justice Action mais aussi du Forum Social Européen de juin dernier, ces initiatives ont un fil conducteur commun : devant l’inaction des gouvernements, notamment du Nord, et alors que les conséquences des dérèglements climatiques sont déjà là (sécheresses ou inondations de l’été etc…), il est fondamental d’imposer nos propositions pour sortir d’un modèle consumériste et productiviste qui broie les populations et détruit la planète. Imposer ces solutions nécessite de nombreux ingrédients complémentaires : sensibilisation et information, démonstration et expérimentation d’initiatives concrètes, reprise du pouvoir sur nos vies et construction d’un rapport de force avec les puissants de ce monde afin d’imposer des solutions allant à l’encontre de leurs intérêts.

Cette semaine d’actions débutera le 10 Octobre par les centaines d’initiatives réclamant 10 % de réduction de Gaz à effets de serre dès 2010. Citons par exemple le village Alternatiba qu’organisera Bizi! à Bayonne, « Un village de transition vers le monde de demain » ! A la fois fête populaire et salon des alternatives à la crise écologique et sociale, nous vous invitons à plonger dans son très riche programmes d’alternatives concrètes qui seront expérimentées et exposées « composant une société post-carbone, heureuse et conviviale« . Ou encore cette initiative similaire à Bordeaux, organisée par le collectif climat Gironde qui vise à « s’engager pour réduire nos émissions de CO2 (- 10% dès 2010) et exiger un accord ambitieux, contraignant et juste au sommet de Cancun« . Ou celle-ci à Pau. Au final plus de 6500 initiatives seront organisées dans le monde ce jour-là.

De nombreuses actions de désobéissance civile auront lieu tout au long de la semaine. En France, ARRET TOTAL est un appel issu du camp climat du Havre de cet été pour bloquer des actions directes le samedi 16 octobre avec pour objectif « d’enlever les pubs, de semer des graines, de visiter un supermarché comme vous ne l’avez jamais fait, de porter plainte contre Total, de donner la priorité aux gens sur les voitures…« . A Paris, en écho à cet appel et celui de la semaine internationale d’action directe pour la justice climatique, une action de désobéissance civile non-violente pour « bloquer une station d’essence » devrait être organisée le 15 octobre.

Cette semaine se clôturera par les actions « pour dénoncer le rôle des entreprises de l’agrobusiness telles que Monsanto dans la destruction et l’accaparement de la biodiversité et du vivant » à l’appel de la Via Campesina (voir la liste des actions en France ici). Cet appel s’intègre naturellement à cette semaine d’actions pour une justice climatique et sociale, tant les conséquences de l’agro-business sont dévastatrices aussi bien sur le plan humain et social (disparition des petites exploitations vivrières et paysans jetés dans la pauvreté et la misère) que sur le plan climatique et environnemental (pollutions, perte de biodiversité, érosion des sols etc…). A Paris, sont programmés une manifestation et un débat.

Dans le cadre de cette semaine de mobilisation, le collectif contre l’irradiation des aliments qui regroupe une vingtaine d’organisations invite à une conférence le jeudi 14 octobre (programme et communiqué de presse) pour alerter l’opinion publique sur le risque de voir l’Union Européenne autoriser et promouvoir l’irradiation de tous types d’aliments. En plus de comporter de nombreux risques sanitaires, cette irradiation généralisée des aliments ne pourrait que favoriser l’extension des productions délocalisées et les transports de denrées alimentaires d’un bout à l’autre de la planète.

Dans le même temps, la coalition Climate Justice Now! vient de rédiger une lettre adressée à l’ensemble des gouvernements de la planète (ici en français et ici en anglais), et notamment ceux du Nord, afin de rappeler les exigences fondamentales des mouvements pour la justice sociale et la justice climatique, s’appuyant sur les revendications issues de l’accord des peuples de Cochabamba. Alors qu’une dernière réunion intermédiaire de préparation a lieu à Tianjin avant le sommet de Cancun (28 nov – 10 déc), il est plus qu’important d’augmenter la pression sur nos gouvernements pour qu’enfin de paroles et fausses solutions, nous passions à la mise en place de politiques réellement alternatives. A ce titre, le projet Yasuni-ITT proposé par le gouvernement équatorien, visant à ne pas exploiter du pétrole contre un financement des pays du Nord de leur dette environnementale, est une opportunité pour réduire la dépendance au pétrole de nos modèles de production et de consommation au Nord (un débat est organisé le 20 octobre à Paris). Ce n’est bien-entendu pas envisageable sans une mise au pas des activités prédatrices et inhumaines de nombre de multinationales (voir cette pétition « des droits pour tous, des règles pour les multinationales »).

Signalons également la publication récente de « Altermondialisme saison 2 : de Seattle à Cochabamba » (flyer ici) de la revue Mouvements qui revient sur le « virage écolo » des altermondialistes, se consacrant à la justice climatique et aux biens communs, pour « changer le système, pas le climat ». De nombreux papiers reviennent sur les atouts, limites et défis des mobilisations pour la justice climatique. De quoi nourrir cette semaine d’actions et les nécessaires mobilisations à venir pour renforcer le rapport de force et expérimenter des pratiques alternatives.

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Total, complice d’un désastre écologique et humain au Canada – Arrêt de l’exploitation des sables bitumineux !

23 mai 2010

En causant l’équivalent d’une marée noire par an, l’extraction et le raffinage de pétrole issu des sables bitumineux d’Alberta (Canada) est une véritable catastrophe écologique, sociale et humaine : déforestation des forêts boréales, utilisation de quantités d’eau et de gaz disproportionnées, rejets toxiques stockés pour des années sans protection, etc…

Total, déjà présent sur trois gisements, a annoncé qu’il investirait 15 à 20 milliards de dollars canadiens dans les années à venir pour que les sables bitumineux assurent 10 % de sa production totale.

A l’occasion de l’Assemblée Générale de Total, ce 21 mai, plusieurs initiatives (conférence de presse, projection-débat autour du flim H2Oil, action symbolique, etc…) soutenues par le collectif Urgence Climatique Justice Sociale ont été organisées pour exiger (voir dossier de presse) :

–          que les droits des populations locales impactées par l’exploitation des sables bitumineux soient respectés ;

–          que Total se désengage unilatéralement de l’exploitation des sables bitumineux en Alberta ou, si refus, que le gouvernement français l’y contraigne ;

–          que les établissements financiers cessent leurs investissements dans les sables bitumineux;

–          que l’Union Européenne distingue les hydrocarbures en provenance des sables bitumineux dans la mise en place de la Directive Carburant ;

–          que le Gouvernement du Canada respecte les engagements pris sous le protocole de Kyoto et s’engage sur de véritables politiques de réduction d’émissions de gaz à effets de serre.

–          que l’ensemble des pays du G20 s’engagent lors du prochain sommet de Toronto (Canada) à ne pas exploiter et/ou importer et consommer le pétrole issu des sables bitumineux afin de ne pas accroître les dérèglements climatiques en cours ;

A quelques jours de la rencontre intermédiaire de Bonn (31 mai – 11 juin), les pays développés doivent comprendre que seuls des actes concrets, contraignants et à la hauteur des enjeux permettraient de faire advenir « la confiance » qu’ils appellent de leurs vœux pour la reprise des négociations internationales.  La question des sables bitumineux leur en offre l’opportunité : mettons fin au greenwashing des multinationales et des déclarations lénifiantes sans effet pour enfin s’engager sur le chemin de véritables solutions comme une régulation draconienne de la production de pétrole, notamment issus des sables bitumineux.

Après Copenhague, des négociations sans perspective. Cochabamba, pour imposer une alternative ?

12 avril 2010

Les représentants de la grande majorité des pays de la planète se sont réunis du 9 au 11 avril, à Bonn (Allemagne) « pour relancer les négociations sur le climat ». Ce n’est pas gagné. Yvo de Boer, chef de la convention cadre de l’Onu sur les dérèglements climatiques pour quelques mois encore, a déclaré qu’il n’y aura pas d’accord sur le climat cette année et qu’il faut se limiter à des mesures concrètes pour aider les pays les plus pauvres et pour protéger les forêts (voir ici et ici). On est loin des objectifs initiaux fixés à Bali en 2007 visant une régulation mondiale des émissions, la mise en place de financement et de transferts de technologie suffisant à la fois pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique.

Après le « rendez-vous historique » (manqué) de Copenhague (voir ici), c’est aujourd’hui « rendez-vous avec la stratégie des petits pas »… Or, nous savons bien que cette stratégie, déjà usitée avec le protocole de Kyoto ne fonctionne pas. Les émissions continuent à croître et les financements ne sont pas au rendez-vous. Résultat, les populations les plus pauvres paient les conséquences de comportements dont elles ne sont pas responsables. Business as usual.

D’autre part, la stratégie de nombreux pays du Nord visant à faire du calamiteux texte de Copenhague la base des négociations futures est proprement inadmissible. Les pressions s’exerçant sur de nombreux pays non signataires ne sont pas acceptables. Pas plus que l’attitude des Etats-Unis qui ont annoncé que les pays dénonçant l’accord ne recevront pas d’aide et qui ont stoppé des financements et projets à destination de la Bolivie et de l’Equateur (voir ici).

A tout le moins, les négociations 2010 devraient permettre d’aboutir à Cancun (Mexique – décembre) sur une deuxième phase d’engagements contraignants dans le cadre du protocole de Kyoto et des engagements de long terme de l’ensemble des pays respectant le principe de responsabilités différenciées entre pays dits « développés » et pays en « développement ». Ce n’est pas la voie qui est prise, montrant par là que les gouvernements des principaux pays de la planète ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Cochabamba, pour imposer une alternative ?

Face à cette inertie dangereuse des négociations officielles, la Bolivie, qui fait partie des rares pays à s’être positionné publiquement contre le texte de Copenhague, a pris l’initiative d’inviter gouvernements, scientifiques, institutions internationales, ONG et mouvements sociaux à une « Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Mère Terre » qui aura lieu à Cochabamba du 20 au 22 avril (voir ici).

Quelles que soient les appréciations que l’on peut avoir sur l’intitulé de la rencontre ou de certains des groupes de travail, c’est aujourd’hui la seule initiative internationale qui se donne pour objectif de transformer le rapport de force pour infléchir l’agenda international sur les enjeux climatiques et environnementaux. Tout en rejetant les solutions préconisées par la Banque Mondiale ou le G20, cette conférence pourrait décentrer les enjeux des négociations officielles, en mettant en lumière les enjeux sociaux, politiques et géopolitiques des solutions à apporter au changement climatique :

–          proposer des solutions alternatives face au changement climatique comme autant de pistes pour un accord dans le cadre de l’ONU ;

–          travailler à l’organisation d’un Référendum mondial des peuples sur le changement climatique,

–          avancer sur la création d’un tribunal international pour la justice climatique ;

–          discuter d’un projet de « Déclaration universelle des droits de la Terre-Mère » ;

De très nombreux mouvements sociaux, ONG et autres acteurs de la société civile, notamment sud et nord-américaine seront présents à Cochabamba. Nombre d’entre eux, notamment la coalition Climate Justice Now, appellent d’ailleurs à une assemblée des mouvements sociaux le 19 avril, préalablement à la Conférence officielle, pour rappeler nos exigences et revendications, en toute autonomie.


Batailler contre les climato-sceptiques et les fausses solutions !

7 avril 2010

Les climato-sceptiques peu scientifiques… et parfois financés par des lobbies pétroliers

Depuis plusieurs semaines, ceux que Stephan Schneider, climatologue américain, appelle les « dénigreurs du changement climatique » plutôt que climato-sceptiques (voir ici), essaient de reprendre la main. Selon lui, l’écho qu’obtiennent leurs interventions est disproportionné par rapport à leur crédit scientifique, et ressemblent plus à de la « propagande idéologique » qu’à une « démarche scientifique ». C’est également le sens du récent appel de 400 scientifiques français spécialistes du climat demandant « structures référentes de la recherche scientifique française » d’exprimer publiquement leur « confiance vis-à-vis de notre intégrité et du sérieux de nos travaux », c’est-à-dire prendre position contre Allègre, Courtillot et consorts. Les industriels et lobbies pétroliers sont de la partie. Un rapport publié par Greenpeace – Etats-Unis montre que Koch Industries, conglomérat pétrolier américain a dépensé 18,4 millions d’euros entre 2005 et 2008 pour soutenir financièrement des campagnes d’information ou des organisations niant le changement climatique (article du Monde et du Guardian).

Dans le même temps, les promoteurs de fausses solutions poursuivent leur route sans issue.

Les marchés carbone, ça dysfonctionne.

Premiers pourfendeurs de la taxe carbone sous prétexte de « double peine » venant s’ajouter au marché carbone européen, des multinationales françaises parmi les plus polluantes, comme Arcelor Mittal ou le cimentier Lafarge, profitent des largesses du système européen. Selon l’ONG britannique Sandbag qui vient de publier un rapport, des industries très polluantes réussissent le tour de force de convertir en dizaines de millions d’euros les droits d’émission obtenus gratuitement en surplus de leurs besoins (voir articles de Bastamag ici et de Médiapart ici). Ces révélations s’ajoutant aux affaires de fraude sur la TVA (voir ici) et de suspension des échanges (voir ici) sur le marché du carbone européen, sans doute est-il temps d’exiger une remise en cause profonde de la finance carbone. Le collectif UCJS avait émis des pistes alternatives lors sa rencontre du 6 février (voir ici).

La France, soutien de la production de CO2 ?

Côté « développement », la Banque Mondiale doit se prononcer le 8 avril sur un prêt pour la construction de la centrale à charbon de Medupi en Afrique du Sud, portée par la multinationale sud-africaine Eskom. Cette centrale, qui émettra 25 millions de tonnes de CO2 par an, entraînera des pollutions majeures au soufre et au mercure, et exigera l‘ouverture de 40 nouvelles mines de charbon pour l’alimenter. Alors que les Etats-Unis s’abstiendront lors du vote, la France risque de soutenir le projet pour défendre les intérêts d’Alstom, impliqué dans la construction de la centrale. Un courrier (voir ici) à l’initiative des Amis de la Terre et signé (notamment) par Attac, Aitec, CADTM, Rac, CRID, a été envoyé au Président de la République et une cyberaction citoyenne est en cours (à signer ici).

En France, le gouvernement enterre son Grenelle de l’environnement.

Après l’abandon de toute taxe carbone que certains, comme le collectif Bizi, interprètent comme un enterrement du Grenelle de l’environnement (voir ici), les politiques gouvernementales sont bien éloignées des objectifs affichées de la semaine du « développement durable » qui vient de démarrer, ce 1er Avril… ! Les projets routiers et autoroutiers (Strasbourg, Bordeaux, Perpignan, Lyon-Saint Etienne…), aéroportuaires (Notre Dame des Landes…), l’abandon du fret diffus et de proximité par la SNCF, la construction d’un réacteur EPR à Penly alors que celui de Flamanville est un gouffre financier et une aberration technologique et écologique, sont autant d’exemples de projets gouvernementaux en contradiction avec les exigences de politiques alternatives portées par le collectif Urgence Climatique Justice Sociale.

Conférence de Sarkozy sur les forêts : mise en scène et fausses solutions sont au programme.

10 mars 2010

Quelques jours après avoir flatté l’agrobusiness au salon de l’agriculture[1], Nicolas Sarkozy relance sa diplomatie climatique hasardeuse[2] par une mise en scène peu crédible. Il a convoqué une « conférence internationale sur les grands bassins forestiers » ce jeudi 11 mars à Paris, en dehors de tout cadre onusien de négociations. S’appuyant officiellement sur « les avancées obtenues à Copenhague », cette conférence a pour objectif de concrétiser les « financements et actions précoces du programme REDD+ » (Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts), mais aussi les modes de « gouvernance » de ce mécanisme. S’appuyant sur une supposée « expertise forestière française » (sic[3]), Nicolas Sarkozy fait miroiter aux 25 ministres de l’environnement issus des principaux bassins forestiers (Bassin du Congo, de l’Amazonie, d’Amérique centrale et d’Indonésie) des financements rapides et significatifs, transformant, par effet d’aubaine, les forêts primaires restantes en véritable manne financière.

La déforestation comptant pour au moins 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), il est urgent et souhaitable d’aider les pays en développement à protéger leurs forêts primaires et à réduire les émissions causées par le déboisement. Néanmoins ce soutien ne peut se faire à n’importe quelle condition et il doit respecter certains principes élémentaires :

–         les plantations nouvelles doivent être exclues : les forêts tropicales stockent cinq fois plus de carbone que les plantations et constituent des réserves de biodiversité irremplaçables ;

–         les droits des populations vivant des forêts et/ou dans les forêts doivent être respectés, ce qui n’est généralement pas le cas avec les projets de conservation forestière, qui plus est lorsqu’ils sont financés par les pays développés ;

–         aucune compensation et création de droits d’émission ne doivent voir le jour en contrepartie de financements internationaux : les pays du Nord ne doivent pas pouvoir échanger leur pollution réelle contre celle, virtuelle, des pays du Sud, en finançant leur programme de lutte contre la déforestation ; le développement de la finance carbone que susciterait la généralisation de ces droits d’émission, simple effet d’aubaine pour des intérêts financiers délégitimés, est dangereuse et inefficace ;

Les forêts ne sont pas que des puits à carbone. La déforestation ne peut donc se réduire à une question monétaire. Enrichissant des potentats locaux bien souvent soutenus par d’anciens pays colonisateurs, elle met d’immenses territoires au service de l’économie mondialisée pour répondre à l’explosion de la demande de viande industrielle, de soja pour le bétail, de bois précieux, d’huile de palme destinée aux agrocarburants etc…

Stopper la déforestation et entrevoir une véritable régulation des forêts respectueuse des droits des populations n’est possible qu’à condition que ces dernières soient associées aux décisions et que les négociations aient lieu dans un cadre international multilatéral transparent. En excluant toute présence d’ONG ou associations et en envisageant la création d’un « secrétariat » pour gérer ces aides financières en dehors de l’ONU, Nicolas Sarkozy et le gouvernement français continuent de mener une diplomatie climatique parallèle inefficace et dangereuse que nous ne pouvons que dénoncer.

Voir également le communiqué d’Attac France ici, celui de la coalition Forests People Programme ici (et une traduction en français ici)


[1] En visite au Salon de l’agriculture, Nicolas Sarkozy s’est fendu d’un mémorable « toutes ces questions d’environnement, ça commence à bien faire ».

[2] Déjà avant Copenhague, Sarkozy et Borloo avaient sillonnait l’Afrique et l’Asie avec leur fameux plan « Justice Climat » qui n’avait rien de juste et qui, hors la mise en scène d’une diplomatie climatique hors ONU, n’a en rien fait avancer les négociations.

[3] La France a joué un grand rôle dans la déforestation d’une grande part de l’Afrique de l’Ouest, dont la Côte d’Ivoire qui en pait encore le prix aujourd’hui.

16 déc : « Peoples Assembly to reclaim power »

15 décembre 2009

Suite à l’immense succès de la manifestation de samedi – manifestation qui fera date et qui marque l’arrivée massive des mouvements sociaux dans la bataille climatique, depuis dimanche, les mouvements sociaux et écologistes maintiennent la pression sur les négociations en multipliant les actions de rue et interventions au Bella Center. Aujourd’hui mardi 15 décembre, sera dénoncé l’agrobusiness qui participe fortement au réchauffement climatique sans résoudre la faim dans le monde et tout en enrichissant quelques riches propriétaires et multinationales.

Le 16 décembre, à partir de 8h, organisée par les coalitions Climate Justice Action et Climate Justice Now !, l’initiative « Peoples Assembly to reclaim power » mêlera des actions de rue au plus près du Bella Center et des interventions à l’intérieur même des négociations. L’objectif sera de bousculer les négociations officielles en créant un espace IN-OUT afin de faire entendre celles et ceux qui sont ne sont jamais écouté-e-s et pour imposer notre propre agenda et nos solutions : pas de solutions basées sur le marché, laisser les ressources fossiles dans le sol, contrôle démocratique des populations sur les ressources naturelles, relocalisation des productions, réduction des surconsommations notamment du Nord, reconnaissance de la dette écologique contractée auprès des pays du Sud, reconnaissance des droits des populations indigènes.

Des militant-es des organisations du collectif français Urgence Climatique Justice Sociale y participeront, aussi bien à l’intérieur du centre de négociations qu’à l’extérieur.

Copenhague ne doit pas se transformer en sommet des fausses solutions au changement climatique.

Copenhague ne doit pas se transformer en sommet des fausses solutions au changement climatique.

5 décembre 2009

Info presse du 4 décembre – Egalement disponible ici en .pdf

Nous avons besoin d’un accord contraignant, juste et la hauteur des enjeux .

Le sommet de Copenhague sur le changement climatique débute ce lundi 7 décembre. Les négociations, elles, ont réellement commencé à Bali en décembre 2007 et elles sont loin d’avoir abouti. Les annonces de ces derniers jours, qu’elles proviennent des Etats-Unis, de l’Union Européenne, de la Chine ou du Brésil, ne modifient pas radicalement la donne. Les propositions des pays développés, tant en termes d’engagements de réduction de gaz à effets de serre que de financements, ou de transferts de technologies dites « vertes », ne sont pas à la hauteur de leurs responsabilités historiques dans le changement climatique actuel. La Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, et derrière eux sans doute l’ensemble des pays du G77, sont prêts à quitter la table des négociations si les propositions des pays développés ne sont pas sérieusement revues à la hausse, et cela sans contrepartie contraignante pour les pays historiquement peu émetteurs de CO2.

Derrière ces parties de poker-menteur, qui ont peu à voir avec les intérêts des populations et la lutte contre les dérèglements climatiques, se jouent des batailles de leadership international qui ne visent qu’à maintenir ou renforcer des dominations commerciales, économiques et financières. Nous ne pouvons que nous inquiéter des risques que font peser ces stratégies sur le maintien d’un cadre onusien, contraignant et multilatéral de discussions et de décisions. Nous réaffirmons avec force notre exigence d’aboutir, dans le cadre de l’ONU, à un accord contraignant, juste et à la hauteur des enjeux. C’est aux gouvernements des pays développés de prendre leurs responsabilités.

D’autre part, le sommet de Copenhague ne doit pas se transformer en sommet des fausses solutions au changement climatique. Les propositions visant à créer un marché mondial du carbone quasi sans régulation et à étendre les mécanismes de compensation sont inacceptables. Nous refusons l’Intégration du mécanisme REDD (Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts), des techniques agricoles, du nucléaire ou encore de la capture et du stockage de carbone (CSC), dans les mécanismes de flexibilité autorisant la création de certificats d’émission qui alimenteront les marchés carbone et la spéculation. Source de risques financiers, d’inefficacités écologiques et d’injustices sociales, la finance carbone n’est pas la solution, mais une partie du problème.

Il n’y aura pas de solutions aux dérèglements climatiques sans une transformation radicale de notre modèle de développement productiviste, construit sur la prédation des ressources et la mise en concurrence des populations. Les populations les plus pauvres, du Sud et du Nord, ne peuvent être celles qui paient l’addition. Les sommes colossales investies dans le sauvetage du système bancaire montrent que les moyens financiers existent. Mobilisons-les pour sauver le climat et assurer une véritable justice sociale et climatique à l’échelle de la planète.


A J-30 : « Des mesures véritablement alternatives sont nécessaires »

8 novembre 2009

A 30 jours du début du sommet de Copenhague, le collectif Urgence Climatique Justice Sociale juge que les négociations sont dans l’impasse et appelle à des « mesures véritables alternatives ». Ci-dessous le communiqué rendu public le vendredi 6 novembre. Egalement accessible ici en .pdf.

A la fin des négociations intermédiaires de Barcelone, le réseau international Climate Justice Now dénonce les fausses solutions discutées à Barcelone et appelle à la mobilisation internationale pour obtenir un accord contraignant. Communiqué ici en anglais. Et une (rapide) traduction française est disponible ici.

 

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Communiqué du collectif Urgence Climatique Justice Sociale – 6 nov 2009

A un mois de l’ouverture du sommet de Copenhague, les négociations sont dans l’impasse. Au point que les pays africains ont quitté la table des négociations, ce mardi 3 novembre, à Barcelone, lors de la dernière rencontre intermédiaire. Les propositions de l’Union Européenne, des Etats-Unis, et plus largement des pays de l’Annexe 1 de la Convention-Cadre, tant en termes d’objectifs de réduction que de financements de l’adaptation au changement climatique, ne sont pas à la hauteur des enjeux. Elles suscitent le mécontentement et l’opposition des pays du Sud. Par l’absence de propositions chiffrées suffisantes, l’Union européenne, loin de sa posture usurpée de locomotive des négociations, ne facilite pas l’obtention d’un véritable accord à Copenhague. Cet accord devrait d’ailleurs se limiter à une déclaration politique sans véritable caractère contraignant, bien éloignée de ce que l’on attend d’un sommet présenté par certains comme le plus grand rendez-vous de l’humanité.

Le collectif Urgence Climatique Justice Sociale entend ici réaffirmer qu’un véritable accord à Copenhague doit être contraignant et doit :

–          reconnaître les responsabilités des pays historiquement fortement émetteurs de GES par des engagements de réduction à la hauteur des recommandations du GIEC ;

–          Assurer le transfert de technologies « vertes » et de financements conséquents vers les pays du Sud ;

–          Exiger des engagements de réduction domestique, sans recours aux mécanismes de flexibilité/compensation ;

–          créer un fond mondial pour le climat sous l’égide de l’ONU, sans ingérence de la Banque Mondiale ou du Fond Monétaire International.

En l’état, le collectif Urgence Climatique Justice Sociale considère que les mesures mises en œuvre et prévues par les différents États face au changement climatique sont tout à fait insuffisantes. Considérant que le réchauffement climatique met en danger les moyens d’existence et les vies de milliards d’êtres humains, et menace d’extinction des millions d’espèces, le collectif appelle à une action urgente et radicale. Des mesures véritablement alternatives sont nécessaires. Le nucléaire et les agrocarburants ne peuvent en aucun cas être la solution. Les sommes colossales investies dans le sauvetage du système bancaire montrent que les moyens financiers existent. Les mesures à prendre doivent être débattues démocratiquement et faire l’objet de politiques publiques audacieuses. Une autre répartition des richesses doit permettre une transition solidaire vers des économies écologiques, au Nord comme au Sud.