Posts Tagged ‘pétrole’

Pour un Trafalgar des Pétroliers !

29 mars 2012

Mobilisation générale le 8 avril, en mer et sur terre, de la Seyne-sur-Mer à Brégançon, contre le permis de recherche Rhône maritime détenu par l’entreprise écossaise Melrose. Ce permis a pris fin en novembre 2010. Cela fait deux ans que son renouvellement jusqu’en novembre 2015 est en cours d’instruction à environ 30 km des côtes, à moins de 30 km du périmètre du futur Parc national des Calanques et à 50-70 km du Parc national de Port Cros et du Sanctuaire PELAGOS (protection des mammifères marins de Méditerranée). Fixée au 11 avril 2012, la date limite d’instruction du dossier est le prétexte de cet appel à mobilisation pour que ce permis ne soit pas renouvelé.

Gaz et huiles de schiste : la mobilisation continue

22 février 2012

La mobilisation contre les gaz et huiles de schiste ne s’est pas terminée avec la loi d’interdiction de la fracturation hydraulique et l’annulation de 3 permis sur les 64 existants et de nombreux autres à l’étude (voir ici, ici et ici).

Aujourd’hui, ce sont l’ensemble de ces permis qui sont remis en cause : imposés sans aucun débat démocratique ni consultation des populations et élus locaux, et malgré les exigences de transition énergétique qui imposent de stopper cette fuite en avant frénétique, ces permis concernent aussi bien du gaz et pétrole de schiste, de houille, conventionnel, ou de l’off-shore profond (large de Marseille et de Guyane).

Voici trois des nombreux rendez-vous à venir (document à télécharger ici également) :

Dimanche 26 février – Un an de mobilisation citoyenne !

Place des Combettes – Villeneuve de Berg (Ardèche)
À l’initiative du Collectif Villeneuve de Berg et du Collectif 07, un an après la manifestation ayant réuni plus de 15000 personnes à Villeneuve de Berg, une journée chaleureuse et conviviale de rassemblement, avec animations et débats, sera organisée.

Plus d’informations : http://www.stopaugazdeschiste07.org/spip.php?article235

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Samedi 17 mars – Manifestation lors du Forum Alternatif Mondial de l’Eau (FAME) :

Le FAME (14 – 17 mars à Marseille) s’oppose aux velléités du Conseil Mondial de l’Eau (CME) et des multinationales qui le composent et qui organiseront, avec le soutien du gouvernement, un Forum Mondial de l’Eau dont l’objectif est d’étendre la marchandisation et la financiarisation de l’eau.
Durant le FAME, de nombreux ateliers sur la problématique « eau et extraction des ressources naturelles » seront organisés, dont l’un d’entre eux portera spécifiquement sur les luttes contre les gaz et huiles de schiste en Europe et dans le monde.
Manifestation du samedi 17 mars : une forte participation des collectifs citoyens contre les gaz de schiste est attendue, notamment ceux qui sont mobilisés contre les permis dans le Var et au large de Marseille.

Plus d’information : http://www.fame2012.org/fr/ 

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Dimanche 8 avril : Pour un Trafalgar du gaz de schiste ! Pour en finir avec le permis offshore Rhône Maritime !

Trois jours avant la date butoir de signature du permis d’exploitation de pétrole en offshore profond au large de Marseille, une double manifestation, sur terre et sur mer, est organisée :

  • rassemblement maritime pour les marins avec départs décentralisés de tous les ports du littoral ;
  • rassemblement terrestre à quai pour tous les « sans bateaux », à partir de 11 h, Parc de la Navale (5 ha dans un cadre superbe dans la rade de Toulon), accessible en voiture, ou bien en navettes en bateau depuis le centre ville ;

Plus d’informations :

Etats-Unis : 1252 manifestants contre les sables bitumineux arrêtés

26 septembre 2011

Du 20 août au 3 septembre, des milliers de personnes ont participé à des sit-in quotidiens devant la Maison-Blanche pour l’une des plus importantes campagnes de désobéissance civile jamais planifiées aux États-Unis pour une cause écologique. Interdits, ces rassemblements ont abouti à l’arrestation de 1 252 personnes. Des dizaines d’autres actions ont été organisées aux États-Unis et au Canada, à l’initiative de Tar Sands Action, afin de s’opposer à la construction d’un pipeline, Keystone XL, acheminant le pétrole produit à partir de sables bitumineux de l’Alberta vers des raffineries du Texas.

Long de 2 735 kilomètres, ce pipeline doit traverser du nord au sud les États du Montana, du Dakota-du-Sud, du Nebraska, du Kansas et de l’Oklahoma. Coûtant 7 milliards de dollars et porté par la major de l’énergie nord-américaine TransCanada, il pourrait acheminer 700 000 à 800 000 barils de pétrole non raffiné par jour. Au delà des importants risques de fuites, c’est l’idée même d’extraire du pétrole des sables bitumineux et de l’exporter partout sur la planète, et notamment en Europe, qui a suscité cette très importante mobilisation.

Etait notamment ciblés la Maison-Blanche et Barack Obama car ce projet de pipeline, aujourd’hui considéré « d’intérêt national », doit obtenir une autorisation présidentielle d’ici la fin de l’année. Rappeler comme l’ont fait neuf prix Nobel, la promesse d’Obama « de créer une économie faite d’énergie propre » et ainsi peser pour obtenir l’abandon de ce pipeline est soutenu par des canadiens comme Naomi Klein qui, convaincus qu’il n’y a rien à attendre de leur gouvernement conservateur nouvellement et triomphalement réélu, soutient une « stratégie pour étrangler les sables bitumineux de l’extérieur ». Une stratégie à développer en Europe pour stopper la production de ce pétrole sale ?

Pour aller plus loin :

Cochabamba +1 contre les sables bitumineux et les gaz de schiste.

23 avril 2011

Il y a tout juste un an, Evo Morales et le gouvernement bolivien conviaient une Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre-Mère à Cochabamba. Quelques mois après les résultats affligeants du sommet de Copenhague, 35 000 personnes venues de plus de 140 pays de la planète ont contribué à la rédaction d’un « accord des peuples » préconisant de véritables solutions alternatives face aux défis climatiques et environnementaux. Malgré les multiples initiatives des réseaux Climate Justice Now et la détermination de la Bolivie pour faire adopter ces mesures dans le cadre des négociations officielles, le dernier sommet de Cancun n’a fait qu’entériner les pseudo-décisions prises par quelques pays à Copenhague. Qui plus est, certains pays, comme le Japon ou le Canada ont voulu enterrer le protocole de Kyoto, seul instrument légalement et actuellement contraignant.

Heureuse initiative donc que celle prise par d’Alternatives Québec et de Canadian Dimension consistant à organiser les 15, 16 et 17 avril 2011 à Montréal une rencontre « Cochabamba +1 pour la justice climatique et les alternatives écologiques », tout juste un an après. « Véritable hors la loi écologique », selon les mots de Maude Barlow, le Canada, pourtant signataire du protocole de Kyoto, ne respecte aucun de ses engagements. Il s’est par ailleurs lancé dans une course folle à l’extraction des ressources naturelles fossiles, sables bitumineux et gaz de schiste en tête, quel qu’en soit le prix.

Permettant de confronter des mouvements et intellectuels francophones et anglophones, mobilisations contre les gaz de schistes ou les sables bitumineux, ce week-end aura permis de travailler à la convergence des luttes sociales et environnementales dans la perspective d’un mouvement pour la justice climatique en mesure de déconstruire un imaginaire extractiviste profondément ancré dans nos sociétés.

Pour lire un compte-rendu plus complet, cliquez ici.

De Nagoya à Cancun, des initiatives citoyennes innovantes

6 novembre 2010

La dixième conférence de l’ONU sur la biodiversité qui s’est tenue à Nagoya du 18 au 29 octobre avait pour objectif de prendre des décisions pour faire face à l’effondrement de la biodiversité biologique à l’échelle de la planète. Au final, le bilan est mitigé. Comme le fait le collectif Biopiraterie dans cette analyse, on peut à la fois saluer la validation d’un protocole sur l’accès et le partage des avantages tirés de la biodiversité, tout en regrettant que ce protocole ne prévoit pas vraiment de dispositif contraignant pour tenir compte du droit des populations locales. Par ailleurs, si un moratoire mondial a été acté sur la géoingéniérie (voir ce communiqué en espagnol d’Ecologistas en Accion), la propriété intellectuelle sur les végétaux n’a pas été remise en cause. Enfin, la conférence s’est appuyé  sur le rapport «Économie des écosystèmes et de la biodiversité» piloté par Pavan Sukhdev qui préconise, pour «sauver» la biodiversité, l’évaluation des «services environnementaux» rendus par la nature et la fixation d’un prix permettant de les gérer avec des «financements innovants» (voir ce communiqué d’Attac France). Ce qui fait dire à George Monbiot que « l’accord pour sauver la nature n’est jamais arrivé » (voir son article en anglais)

Alors que la biodiversité est un bien commun, la mise en place de mécanismes de marché, qui font preuve de leur inefficacité et dangerosité dans le cas du climat, serait un pas de plus vers la privatisation et la financiarisation de la diversité biologique (voir cette tribune de Sylvain Angerand et Fabrice Nicollino). A Cancun (Mexique) (29 nov – 10 déc), prochaine conférence sur le climat, le mécanisme REDD (Réduction des Emissions dues à la Déforestation et la Dégradation forestière) pourrait faire entrer les forêts dans les marchés carbone.

Face à ces risques et au fait qu’il y a très peu de chances d’obtenir à Cancun un accord à la hauteur des enjeux, juste et contraignant, il est décisif de « transformer les négociations climatiques » comme le propose Alberto Gomez de la Via Campesina dans cette interview. Pour cela, en alliance avec de nombreux mouvements, et notamment l’Assemblée Nationale des Affectés Environnementaux, la Via Campesina organise des caravanes internationales qui partiront de différentes villes du Mexique et se rendront à Cancun pour « rendre visibles les luttes que nous menons contre les activités minières, contre la pollution de l’eau, contre les grands barrages » (voir les dates et itinéraires). Des caravanes similaires devraient également partir du Pérou et de la Bolivie. A Cancun même, de multiples espaces citoyens pour débattre des vraies solutions seront organisés, ainsi que de nombreuses actions et manifestations pour faire entendre les voix de celles et ceux qui ne sont pas écoutés dans les arènes officielles.

Ce n’est pas tout. Devant l’extrême difficulté pour se rendre à Cancun (argent et visas), la Via Campesina a proposé d’organiser 1000 Cancun autour du 7 décembre sur toute la planète. Cette proposition a été reprise par de nombreuses organisations et réseaux. En France, plusieurs initiatives sont sur les rails. Notamment, le samedi 4 décembre, à l’initiative d’Attac, les Amis de la Terre, la Confédération Paysanne et Bizi!, un rassemblement d’une journée à Cancon (Lot-et-Garonne) ayant pour objectif de visibiliser les alternatives et luttes locales face aux dérèglements climatiques (voir l’appel pour plus de précisions). Une réunion publique sera également organisée à Paris le 8 décembre en soirée avec un duplex depuis Cancun. A l’échelle européenne, une assemblée pour la justice climatique aura lieu à Bruxelles du 26 au 29 novembre 2010 (voir l’appel ici) avec une manifestation le dimanche 28 pour « chanter pour le climat« . Et vous pouvez retrouver de nombreuses alternatives concrètes locales faisant face aux défis climatiques et environnementaux sur le site d’Alter-Echos.

A noter également que de nombreuses réunions publiques seront organisées d’ici Cancun, comme ici à Rouen (présentation du collectif). Ou encore cette initiative les 5 et 6 novembre à Genève du CETIM sur la question « A qui appartiennent les richesses naturelles ? » qui revient en particulier sur la proposition Yasuni-ITT visant à laisser du pétrole sous terre à condition d’une compensation financière internationale (à ce sujet, voir également cette tribune des Amis de la Terre qui précise que c’est un projet « tout sauf simple« ).